Mon
ami(e), vendredi en moins de 3 heures, j'ai fait une blague a un tech
qui
l'a très mal prise et qui depuis ne me parle plus, j'ai
hurlé sur un crétin de tech qui m'a tellement
énervée que notre conversation s'est
terminée par
un sonore
casses-toi
(pov'con),
j'veux plus te voir
ni t'entendre ! (de ce fait lui non
plus ne me parle plus) et j'ai appris un nouveau mot
à mon sympathique cogualérien
Kevin
Palestine. Et
tout ça avec un
début de grippe mexico-cochonne qui me pends au nez; ou
alors c'est peut-être une angine...
What a day hein ?!
Pour commencer, arrêtons nous quelques temps sur le
tech sans humour... Déjà être sans
humour n'est pas sa principale caractéristique. nan. Ce qui
caractérise ce gars, c'est qu'
il est plus dépressif
que la dépression elle même.
C'est
bien simple, je le surnomme
Desperate
Workman car dès que je lui cause et quoi que je
lui
dise j'ai l'impression
qu'il va se mettre à chialer. Autre
caractéristique du Desperate Workman et non des
moindres :
il ne supporte
pas la pression
des appels. Pour un mec qui bosse depuis trois ans en
hotline, tu reconnaîtras que c'est un sacré
handicap, non ?
Moi je crois que oui. Et pourtant, ça fait 3 ans que ma
boiboite lui donne un salaire.
Mais
que fait-il de ses journées alors ? risques-tu
judicieusement de te demander. Et ben comme recevoir des appels lui
fait se pisser dessus, on l'a collé sur le "back-office"
à savoir qu'il rappelle les utilisateurs au lieux de se
faire appeler par eux. Personnellement je ne vois pas trop
où est la
différence niveau stress entre recevoir des appels de gens
énervés parce que leur PC ne marche pas et passer
des appels à des gens énervés que leur
PC qui marche pas n'ait pas été
réparé lors de leur premier appel... Mais
bon Desperate Workman se sent bien à ce
poste là et il ne claque plus un arrêt maladie par
semaine comme il le faisait dans le passé
(c.a.d
quand il
prenait des appels), alors mes chefs s'en contentent...
(je
dis pas je cautionne, juste j't'explique).
Et donc ce matin
(enfin mon matin soit 11h00) Desperate Workman
vient me voir
et me dit :
Chef, je
peux te poser une petite question ? Essayant depuis deux
mois de faire comprendre à mes techs qu'ils doivent
arrêter de faire des
petites
manip, de résoudre le
petit
problème de l'utilisateur ou encore de les faire
patienter 2
petites
secondes; et étant d'un naturel très didactique,
je réponds donc à Desperate Workman :
pourquoi une
petite
question ? Pourquoi cette manie d'être toujours
réducteur dans ton discours ? Tes collègues c'est
pareil, vous faites tout en petit, vous êtes
complexés de quelque part ou quoi ?
Et puis là je lui sourit
(parce que
c'était pas méchant comme remarque)
et je reprends
sérieusement :
bon
je t'écoute, c'est quoi ta question de taille normale ?
Ohlala qu'est ce que j'avais pas dit !
Desperate Workman
s'est figé. Il a tourné la
tête vers la fenêtre
(je sais pas si
c'était pour me cacher ses larmes ou afin de se suicider en
passant à travers. Si
c'était pour la deuxième option, il a rapidement
abandonné l'idée rapport au fait que notre bureau
est au rez-de-chaussée.), puis il est parti
s'asseoir à sa place sans rien dire ni même me
poser sa
petite
question. Ne souhaitant pas être la déclencheuse
d'une mode suicidaire dans ma boiboite
(encore
que je peux soumettre
des noms si y en a qui hésitent),
j'ai fait un effort
surhumain et je suis allée voir Desperate Workman.
Super douce et
super sympa
(limite empathique) je lui dit
:
Desperate
Workman, excuse moi
si
j'ai dit ou fait quoi que ce soit qui t'ait blessé, car si
c'est le cas je n'en avais vraiment pas l'intention .
(bien
hein ? Je me
suis épatée moi même vu qu'en vrai je
voulais lui dire : Ben Desperate
Workman, qu'est c'qui t'arrive ? Tu as vraiment une petite quéquette
? Hé,
si c'est le cas, c'est pas grave mon gars, comme on dit, l'important
c'est pas la taille, c'est de savoir s'en servir. Encore que
sur ce coup là, je ne suis que le messager hein !
Ouais pas très pro, je te le confesse...).
Tu étais venu me
poser une question ? Qu'est ce que tu voulais savoir ?
Réponse de Desperate Workman fixant lamentablement
son
écran :
non
rien c'est bon.
Bon ben là, j'ai
lâché l'affaire, j'ai laissé mon
naturel
reprendre le dessus et je suis partie en marmonnant :
psy..cho !
Après cet épisode
Desperate Workman
ne
m'a plus adressé la parole de la journée. En
même temps, vu ce qu'il a à raconté
(tu veux voir Battlestar
Galactica ? j'ai tous les épisodes en divx si tu veux !),
j'ai rien perdu. Et puis bon, ça a porté ses
fruits vu qu'il n'a pas prononcé le mot
petit de
la journée. Il reste plus
qu'à espérer qu'il revienne lundi pour
commencer... mais surtout qu'il continue à bannir le mot
petit de son
vocabulaire téléphonique, histoire que je ne sois
pas passée pour
une
pute de chef pour rien...
Une fois ce beau moment de management passé, y a un autre
couillon de tech qui est venu entretenir mon mal de crâne
naissant en
la personne de
Mister
Myself.
J'aime pas ce mec. Je sais pas pourquoi. C'est physique à
mon avis. Ou simplement parce que
Mister Myself est
un
gros con doublé d'un fielleux jeanfoutre.
Mister Myself c'est un gars d'une trentaine
d'années, pas
raciste mais fortement nationaliste, qui il y a 8 ans de ça
a
comme pleins
(trop)
de
français, quitté notre beau pays pour aller
tenter sa chance
au Canada.
(ouais au
Canada et même pas aux USA... t'as vu ce loser Barney !?).
Et
sa
cabane chance
au Canada, et ben il l'a eu Mister Myself. Et oui, car
là bas Ô Canada
(nan Elsa c'est pas
une faute -cette fois ci- c'est un effet
comico-hymno-littéraire),
il habitait dans un grand appartement
qu'il payait bien moins cher que le plus petit des studio parisien;
là bas Ô Canada il a fait un
bébé à sa femme
(qu'il
avait emportée dans ses bagages - sa femme pas le foetus de
son bébé, sinon c'est sale),
bébé qui a
été enregistré à
l'état
civil, à la sécu et à la maternelle en
15 minutes et 3 clics de souris seulement, et là
bas Ô Canada
(où rappelles toi, tout est neuf et tout est
sauvage)
il a décroché un job de Manager sur un support
informatique avec rien d'autre en poche qu'un BTS d'informatique.
C'était donc pas loin d'être le paradis sur cette
terre de
nos aïeux dont le front est ceint de fleurons glorieux...
Mais toutes les bonnes choses ayant une fin et Mister Myself
n'étant rien d'autre qu'une lopette, il a fini par rentrer
en
France car son pôpa et sa môman lui manquait trop.
Bon
officiellement, il serait rentré afin que ses parents
profitent
et connaissent leur petite fille, mais moi je reste
persuadée
qu'il est rentré car con comme il est, il a pas du
réussir à se faire le moindre pote en 8 ans et
il commençait à déprimer grave...
Et donc de retour en France,
Mister
Myself
a redécouvert notre beau pays et l'a
instantanément
haïs. C'est d'ailleurs son principal sujet de conversation
:
Ouais
la France c'est naze, les administrations françaises c'est
que
des branques ils perdent tous tes papiers alors qu'au Canada tout est
centralisé et tu dois pas fournir 6 fois le même
document
pour t'inscrire quelque part. Ouais la France c'est naze car les loyers
sont exorbitants, d'ailleurs j'ai du retourner vivre chez papa-maman
avec femme et enfants car j'ai pas trouvé où me
loger (et que je suis trop prout-prout pour
habiter en HLM).
Ouais
la France c'est naze car tes expériences professionnelles
à l'étranger ne sont même pas reconnues
ici.
(Rectification
: tes expériences professionnelles ne sont pas
reconnues par
la boiboite dans laquelle tu as bêtement postulé,
c'est
tout. couillon va.).
Ouais
la France c'est
complètement naze !
[en même temps tu es revenu quand Sarkozy a
été
élu, faut pas chercher bien loin non plus...].
Ainsi tous les matins, c'est aigri et persuadé que c'est
à la place de
Kevin
Palestine et de moi même qu'il
devrait
être que Mister Myself arrive
au travail.
(En retard, comme
tous ses collègues. C'est beau la solidarité...).
Une fois
dans la place,
Mister
Myself n'a qu'un but : me/se monter à quel
point je suis incompétente comparée à
lui. J'te
cache pas qu'il ne rechigne pas à la
tâche et que ça commence doucement à me
gonfler.
Et donc vendredi, un peu avant midi, Mister Myself vient me voir pour
m'expliquer un dossier litigieux dont il ne sait pas quoi faire.
[attention, ça
va être technique.]
C'était une
histoire de serveur qui marchait pas alors qu'il venait
d'être changé et qui perturbait le fonctionnement
d'un bureau rempli de supers chefs limite maîtres du monde,
(eux).
Ce dossier avait été ouvert le matin à
8h00 et
à 11h32 personne n'était encore intervenu sur
place pour
faire le nécessaire
(on frisait donc
l'incident diplomatique...). C'est pourquoi une des
secrétaires des supers nous appelait afin de nous
souffler dans les bronches de la part de
ses patrons. Ainsi, comme il se doit dans nos métiers
respectifs, Mister Myself vient me voir afin que je lui indique la
réponse/solution à ce problème.
Je lui pose donc les questions de base
(et par la
même occasion
je te montre comment faire un bon diagnostique. Soit attentif.)
:
- Moi : quel est le problème ?
- Mister Myself : le serveur ne marche pas.
- Moi : c'est à dire ? Il ne s'allume pas, il est en erreur,
il est en feu ?
- MM
(mode agacé) : non, il a
été changé et
le nouveau a été livré mais pas
installé.
- Moi
(après avoir consulté le
dossier) : ben si il a
été installé, un tech de
proximité est
passé à 10h30 faire l'instal. C'est
marqué
là.
- MM : oui, je sais, mais personne ne peux se connecter dans le bureau.
- Moi
(première gifle) : ben si
tu le sais, pourquoi tu ne m'as
pas dit tout de suite :
malgré
la mise en route du serveur la
connexion est impossible de le bureau. Donc soit le
serveur a
été mal installé, soit les postes ne
sont pas
configurés avec le nouveau serveur.
- MM
(blasé et dédaigneux)
: Nan mais
c'est pas les
postes, ils ont déjà été
configurés
avec le nom du nouveau serveur, sinon, pour le reste
ça
change rien.
- Moi
(ignorant ce pignouf) : il y a
quelqu'un dans le bureau qui peut faire des manipulations sur le
serveur si on le guide ?
- MM : Oui, la secrétaire.
- Moi : bon y a personne donc. Bon attends, je vaisvoir
Superman (alias
le client qui décide et contrôle tout).
Je vais donc voir le client pour lui faire part de ce
problème.
Superman regarde le dossier, appelle le tech de proximité
qui
est intervenu sur le serveur, regarde le dossier puis me dit :
c'est normal il faut
modifier les DNS car la passerelle et l'ip ont changé depuis
qu'on a
migré le serveur de Cesson. Bien que ne
comprenant pas tout
à ce qu'il m'avait dit, je demande quand même :
et on les
as les nouveaux paramètres DNS ? Oui me
répond il,
ce
sont ceux par défaut de cette agence, comme le serveur qui a
été changé est vieux il devait encore
pointé sur le backup et fonctionner avec l'ancienne ip.
Ah ah ! J'ai rien queuté à ce charabia technique,
mais tout ce
que je sais, c'est que c'est moi qui avais raison ! Ce sont
les
postes qui sont mails
configurés. Dans l'cul
Mister Myself
!
C'est donc toute
guillerette que je retourne vers Mister Myself afin de lui annoncer la
bonne nouvelle :
beuuuha,
bien fait pour toi, tu avais tort tête de fion !
Bon
en vrai j'ai dit :
il
faut reconfigurer les DNS sur les postes, ils sont encore sur la config
du serveur backup de Cesson. Mister
Myself a levé les yeux au ciel
(car il est mal
élevé) puis il est
retourné s'asseoir faire quand
même comme je lui a dit
(car certes il est con,
mais il n'est pas stupide).
Ceci étant fait je retourne à ma place et je
reprends mon
travail. Alors que je suis en train de répondre à
un mail
du client, je vois Mister Myself en pleine discussion avec Superman.
Inquisitrice,
(comme le veut ma fonction),
je vais voir Mister Myself une
fois sa conversation terminée.
- Moi : Qu'est ce que tu es allé voir avec Superman ? Tu
sais
que
(comme le prévoit le protocole)
t'es pas censé aller
voir directement le client, tu dois passer par Kevin Palestine ou moi
avant.
- MM : non mais on n'est pas des enfants, on peut leur parler
directement.
- Moi : je ne dis pas que vous n'avez pas la capacité de le
faire, je te rappelle
que
tu ne dois pas
le faire. C'est différent. Tu m'expliques
d'abord ce que tu veux savoir, et ensuite ON va voir Superman. C'est
comme ça que ça a été
défini avec le
client.
- MM : non, mais c'est compliqué et technique comme dossier
tu vas pas comprendre.
- Moi :
(le fou !) Quoi ? tu crois
que je suis débile ? Si je comprends pas quelque chose c'est
parce que tu me l'auras mal expliqué. Et même si
à
la différence de toi et de tes collègues
je dors pas sur la béquille dès qu'il est
question de serveurs, de
DHCP, de config réseaux et autre geekeries que vous adorez
dépanner, alors que c'est même pas de votre
ressort;
ça fait 10 ans que je fais ce métier et crois
moi, je
sais mieux que toi comment résoudre un dossier concernant un
problème de réseaux dans un bureau rempli de VIP.
Donc
qu'est ce que tu voulais voir avec Superman ?
- MM : ça va t'énèrves pas.
- Moi
(glaciale) : je ne
m'énèrve pas. Et si je devais
m'énerver après toi, j'en aurai parfaitement le
droit vu
que tu ne fais pas ce que je te demande.
- MM : ça va, je suis pas un enfant !
- Moi
(ayant cependant l'impression d'être sa
mère) : non, tu es technicien hotline, tu
diagnostiques les problèmes et tu appliques les
procédures; tu n'es pas un informaticien qui
dépanne tout à la macgyver. Alors essaie
d'imprimer ça. Maintenant casses toi, j'veux plus te voir ni
t'entendre.
Faisant
(pour une fois) ce que je lui
demandais,
Mister
Myself est parti. Il est allé voir
Kevin Palestine,
pour lui
raconter ce qu'il avait dit et fait avec Superman
(en fait
il avait
reconfigurer les DNS et ça avait fonctionné. Il
était ensuite aller s'en vanter à Superman. C'est
pas un
suceur ce mec ???). Solidaire, Kevin Palestine l'a
achevé en lui
répondant : ouais c'est bien, et pourquoi tu pouvais pas
l'expliquer ça à grrrumly directement ?
Comme le con qu'il est, Mister Myself est retourné
à sa
place et ne nous a plus adressé la parole de la
journée.
V'là les vacances !
Ceci étant fait, il fut temps pour moi d'aller grailler.
Après avoir englouti mon abject repas
(les
plats
préparés Marie, c'est
définitivement dégueulasse en plus
d'être plus dangereux pour la santé que la grippe),
je reviens
à mon poste. Kevin Palestine m'y attends, goguenard.
Qu'est ce
qui se passe ? que je lui demande.
T'as dit quoi au client
? me
répond-il.
Quand
? (dans mes rêves ou dans la vraie
vie
?).
Là
dans ton mail pour le problème d'imprimante. Il a
bugué ton correcteur d'orthographe, non ?
Ne comprenant pas grand chose à ce dont me parlait Kevin, je
regarde dans ma messagerie, je lis le mail en question et là
je
comprends. Et afin que toi aussi tu comprennes, je t'explique.
Je reçois environ 20 fois par jour des mails de mes clients
me
demandant de faire rappeler des utilisateurs au sujet de dossiers
incomplets ou à reprendre. Et une fois les utilisateurs
re-contactés et les dossiers complétés
ou repris, je
réponds au mail du client en lui expliquant ce que nous
avons
fait. Mes mails ont quasiment toujours la même tournure :
Client,
Mr Machin a été re-contacté ce jour
concernant son
problème de XXX. Son problème a
été
résolu (ou pas),
les manipulations
effectuées avec lui ont été
indiqué dans le dossier correspondant.
Cette fois le problème portait sur une imprimante qui ne
marchait pas et pour laquelle nous avions omis de relever l'adresse IP
ainsi que le nom du serveur sur laquelle elle était
installée.
Donc, après avoir fait rappeler
le Mr Machin du jour
et avoir
récupéré les infos qui allaient bien,
j'ai répondu au mail de mon
client et je sais pas pourquoi, j'ai juste un peu modifié
mon
vocabulaire par rapport à d'habitude :
Client, Mr Machin a
été re-contacté
ce jour concernant son imprimante réseau. Les informations
de
configuration idoines ont été ajoutées
au dossier
XXX afin que le service concerné puissent
procéder leur intervention.
Nan mais qu'est ce qui m'a pris d'écrire
idoine !? Kevin il
a rien compris à ma réponse par mail et il ne
savait pas s'il devait ou non rappeler de nouveau le Monsieur Machin du
jour pour son imprimante car il ne connaissait même pas ce
mot... Comme j'aime
bien Kevin Palestine, je lui ai expliqué la
signification de
idoine
(histoire qu'il n'ai pas perdu sa journée)
et j'en ai
profité pour vérifier sur internet que je l'avais
utilisé à bon escient vu que j'ai parfois
tendance
à étaler ma culture comme de la confiture, en en
foutant
plein à coté de la tartine...
Mais bon sur ce coup là, j'avais bon. Et une fois
ma B.A vocabulariale
effectuée, je me suis posée à mon
bureau pour digérer l'improbable gratin dauphinois au jambon
que j'avais mangé le midi, attendant patiemment que ce
weekend bien mérité arrive.
Et il est là. Et je vais voir
The
Gossip demain. Putain la vie est belle
(enfin,
entre samedi et dimanche quoi...) !
--
Je suis la heavy cross de Jack --